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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 09:45

Jacques Désiré Talla a passé huit jours de garde à vue dans les cellules du commissariat central de Bafoussam. Deux fois plus que prévu par la loi. Il dénonce la corruption et les mauvaises conditions de détention.

  Ce n’est pas la première fois que des citoyens appréhendés dénoncent les conditions de leur garde à vue dans certains commissariats du Cameroun. Jacques Désiré Talla a allongé la longue liste des victimes d'abus des policiers. Cet aviculteur de 29 ans a passé huit jours dans les cellules puantes du commissariat de sécurité publique de Bafoussam pour "une affaire de sentiments". L’accusé pointe un doigt accusateur sur son ancienne compagne et un directeur de société "qui auraient soudoyé les policiers pour le torturer". "Pendant que j’étais en cellule, mes geôliers multipliaient les rencontres avec mes accusateurs afin de prolonger ma garde à vue. Après plusieurs auditions, j’ai été finalement inculpé pour trouble de jouissance, coups et blessures légères", précise-t-il. 

                                                                  Recours possibles  

Arrêté sans sommation et sans avoir reçu auparavant la moindre plainte, l’aviculteur a dû abandonner son élevage. Dans cette affaire, aucune des règles concernant la garde à vue n’a été respectée, et surtout pas son prolongement qui n’aurait pas dû excéder les quarante huit heures prévues dans l’article 119 du code de procédure pénale. 

Droits de l'homme

Pour Aimé Théodore Nganteu, militant de Action citoyenne, une organisation de défense des droits de l’Homme et des droits civiques, "Jacques Désiré Talla a été victime d’une garde à vue illégale. Il devrait traduire devant les tribunaux l’officier de police judiciaire responsable de ces abus comme le prévoit l’article 236 du code  de procédure pénale". Il ajoute que l’aviculteur, s’il obtient un non-lieu ou s’il est acquitté, pourra obtenir une indemnité pour " préjudice d'une gravité particulière".

 

                                                                 Des cellules puantes 

Comme un grand nombre de gardés à vue dans les prisons du Cameroun, Jacques Désiré Talla se plaint "de la corruption des forces de maintien de l'ordre par des plaignants argentés. Des policiers violent ainsi systématiquement les droits des suspects qu'ils conservent dans les cellules au-delà des délais prévus par les textes, en tronquant leurs procès verbaux d'audition".

Outre ce préjudice moral, les détenus subissent des conditions physiques de détention indignes des droits humains les plus élémentaires. A Bafoussam, les cellules du commissariat central n’ont pas de toilettes. "Les urines et les selles collectées sont mises dans un seau et transportées, le matin, vers les toilettes externes. On nous autorise à faire nos besoins qu'une seule fois par jour. L’évacuation tardive des excréments provoque l’empuantissement des cellules", se souvient Jacques Désiré Talla. Les prisonniers dorment à même le sol alors que les plus aisés et ceux soutenus par des proches corrompent les policiers pour s’installer sous le comptoir de l’entrée. Un bien-être précaire… mais qui vaut son pesant de billets de mille.

                                                                                  Guy Modeste DZUDIE

                                                                                    (JADE)

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Published by Lijouom Chetou
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